| PATRICK 1964 - 1992 |
"Uptight le groupe ultime du grand Madgloo, et Patrick, tout simplement." ... Patrick a toujours eu une attitude très indépendante. "rock'nroll".
Au délà de la "légende", car Patrick a influencé ou laissé une forte impression à pas mal de copains, il est clair qu'il aimait les délires et les expériences inconoclastes. Pour ce que j'en sais comme frère cadet, ses passions étaient la musique, la bande dessinée, le cinéma, la photographie. Et la moto de course lorsqu'il était adolescent. Nombreux étaient alors les posters qui ornaient sa chambre. Mais cela ne s'arrétait pas là. En fait tout ce qui était inventif, bizarre, underground, sauvage, anti-conformiste, l'intéressait. D'ailleurs comme son frère et sa soeur, il a taté de la musique classique étant enfant. Mais le violon n'était pas fait pour lui, et.. ca ne l'a pas fait. (...) Notre famille, originaire d'Isère/Savoie avait emménagé à Riorges en 1970. Né en 1964, Patrick a donc passé son enfance à partir de l'âge de 6 ans dans cette commune, route de St Romain, résidence soleil levant. Son meilleur copain d'alors était Jean Christophe, et c'est ensemble (vers 1976 j'imagine) qu'ils se sont immergés dans le rock des Rolling Stones et ont du prendre de plein fouet la riche période punk naissante. Sa première guitare, Patrick l'a eu adolescent, une acoustique. Puis rapidement, il a acheté une électrique. Ses études de collège terminée laborieusement, il est parti faire un Bep de platrier peintre au LEP de Néronde. Un virage un peu dur, mais pas mal de copains et une ambiance de pensionnaires qui a du avoir ses bons côtés. (...) Suite à cela, Patrick a enchaîné les petits boulots, avant de trouver un travail stable à Pouilly sous Charlieu en 1983 dans une boîte d'impression sur textile, alors que nos parents venaient de faire construire à Riorges, une des premières maison des futurs lôtissement de ce que l'on appelerait plus tard "Riorges village". (Les prés à vaches étaient toujours présent et le nouveau centre social n'existait pas encore.) A l'époque, sur ses cahiers remplis de noms de groupes, il signait "Hernest blue". Allez savoir pourquoi... ? C'était le début des années 80, la période était marquée par le hard, la new wave, et quelques groupes US alternatifs comme les Cramps ou le Gun club, et cela nous a permis à tous les deux de penser sérieusement à monter un groupe. La maison avait en effet un garage et des combles, et moi qui avait tâté de la batterie à l'âge de huit ans (un cadeau de Noël), j'ai pu enfin en acheter une vraie. En 1984, les Burp étaient nés ! Jean Christophe nous a vite rejoint et les premières maquettes proto-punk furent enregistrées. Patrick à la guitare n'a jamais appris sérieusement des accords, et avait un jeu très personnel. Cela ne nous a pas empêché de sortir quelques morceaux délirants et de distribuer un petite maquette cassette. Un copain d'école (Florian) nous a même rejoint à la basse vers la fin (1987), avant que je parte personnellment vers d'autres aventures. Les copains qui venaient le chercher parfois à la maison avaient pris pour habitude de l'appeler Guigloo. Entre temps, Patrick m'avait présenté à tout ses copains rock roannais, et initié à l'esprit rock. Il achetait et dénichait énormément et regulièrement des revues, des disques, des bandes dessinées, des journaux indépendants, gardait tout, et m'a transmis ce virus de la découverte à tous prix. Il se déplaçait aussi beaucoup en concerts, un peu de partout en France, et s'est mis à photographier aussi régulièrement. Comme il avait remarqué des petites annonces dans les revues Best ou Rock'nfolk de photographes amateurs, il a commencé à éditer quelques listes et proposer quelques clichés à la vente. Il s'est abonné aussi à pas mal de revues ou fanzines, dont Black & white (fan- club des Stranglers), Nineteeen, Going loco, ou encore "Icones" de Makhno Masaï (zine graphique de grenoble)...., et commandait par correspondance (New rose, Sonic records, Closer...) De 1987 à 1990 environ, on a beaucoup fréquenté/graté dans une ferme à Chaufailles avec d'autres rockeurs du cru, puis des groupes plus solides se sont alors formés. Fin des années 80, il a quitté la maison pour s'installer dans un appartement de la rue Lucien Sampaix, qui est vite devenu le havre des rockeurs du coin. Souvent les soirs, et toujours les week-ends, c'était le lieu de rendez-vous. On y prenait l'apéro, on lisait des BD, on écoutait les derniers disques, lisait les fanzines et c'était le lieu de départ des virées...Patrick fédère alors vraiment autour de lui. Son humour, sa poésie, son délire, sa gentillesse, son accueil attirent... C'est d'ailleurs vers ce moment là qu'il s'e donne lui-même le pseudo de "Grand Mad Gloo", par dérision j'imagine... Lors de la fête de la musique Place du marché à Roanne, en Juin 90, alors qu'il regarde son propre frère "décoller" avec son groupe sur scène, (les West) Jean Philippe, un copain guitariste et ami commun lui propose de monter avec d'autres amis un groupe hommage au Velvet underground. Le Velvet fait partie des références ultimes de Patrick. C'est un groupe et une attitude qui lui parlent complètement. Un groupe culte.. Cette proposition l'enchante d'autant plus qu'une scène rock est en train de s'organiser à Roanne et que tout bouge. C'est ainsi que nait Uptight. Il chante le répertoire de son groupe favoris, ...ca a du être le top pour lui.. Quelques répètitions et un concert mémorable le 06 Octobre 1990 au Cosec de Mably. Patrick se dit que ça y est, le temps est peut-être (re) venu de pouvoir s'exprimer pleinement en musique. Suite à ce concert, entre fin 1991 et le début de l'année 92, il tente de continuer l'aventure avec une autre formation pour monter un répertoire du même calibre, mais avec des compos... (Codeine) Mais le résultat n'est pas concluant.. Le défaut de technicité semble le rattraper... Au niveau vie professionnelle, Patrick a décidé fin 1991 de stopper son travail à Pouilly, et a pris la décision de partir à l'aventure avec des copains dans le sud. C'est un tournant dans sa vie. Il va fêter ses ving huit ans, il veut surtout tenter autre chose. Il part en 1992 à Cogolin avec quelques copains vivre "autrement" de petits boulots. Il me parle de pizza, de vêtements... le genres de métiers qui lui semblent indispensables et où on pourrait trouver facilement du taff d'après lui... La réalité n'est cependant pas si simple, et après avoir finalement trouvé un emploi municipal de ramassage d'ordure, il s'installe avec ses amis dans un lotissement de Cogolin et commence une nouvelle vie. Il revient nous voir en Juin 1992, à l'occasion d'un festival rock au Cosec. De passage à la maison familiale, on est pris en photo tous les deux dans ma chambre, par ma mère, dans un décor presque calculé. On se promet de se revoir bientôt, pour son anniversaire le 18 Septembre prochain. En fait, c'est la dernière fois qu'on se verra. Il a été très pris par son travail, ce qui a décalé son retour, il et doit en sus le dernier jour de son contrat remplacer un dernier soir un copain malade dans l'entreprise. La nuit du 30 Septembre au 01 Octobre , sa vie riche et pleine de poésie s'arrête. Il est tué par une voiture en traversant la petite route qui le ramène à son lotissement de Cogolin. On ne fêtera pas son anniversaire. Patrick Guigue, (1964- 1992) " Franck --- Salut les gars, 2 ou 3 petites choses à commencer par une remarque sur la phrase suivante :"Patrick à la guitare n'a jamais appris sérieusement des accords, et avait un jeu très personnel." J'ai réalisé des années plus tard en lisant des articles sur Keith Richards et la façon d'accorder sa guitare en "Open tuning" que Patrick avait trouvé instintivement une façon de "désaccorder" sa gratte de façon à ce que meme en grattant les cordes sans faire d'accord ou en faisant un simple barré ça sonne juste. De la meme manière que les bluesmen américains avaient inventé l'open tuning, Patrick avait inventé une façon d'accorder à l'oreille de génie qui fonctionnait parfaitement. Il a été totalement désorienté lorqu'on s'est mis à accorder nos guitares avec des accordeurs : il a du repartir de 0 et c'était très frustrant pour lui... Pour ce qui est de la dernière fois que je l'ai vu en juin 1992, il était très épanoui d'avoir quitté ce boulot à Pouilly où il travaillait avec un mec qu'il ne supportait pas, d'où sa volonté de faire du rock au feeling, sans travailler car il passait des semaines au boulot et que le samedi il avait pas envie de bosser à nouveau... Une anecdote sur le look rock très travaillé de Patrick : il était en vacance en Ardèche où il campait sur le terrain de mon oncle avec réveil le matin par un troupeau de 80 chèvres et moutons; on était au comptoir du bar restaurant du petit village de Labastide de Virac lorsque le frère de la patronne qui arrivait tout droit du Havre entre dans le bar, regarde Patrick et lui dit : "T'écoute pas les Flamin'Groovies toi par hazard?". Bingo ! les Lyres aussi... Voilà, je t'enverrais d'autres choses quand elles me reviendront à l'esprit... MadGloo is still alive in our hearts ! Jean-Christophe ---- Une autre anecdote est notre première rencontre avec Raphael qui a eu lieu lors de l'émission « Murmure Obscurs » qu'il animait en direct sur Radio Roanne consacrée à la cold wave. Il nous avait invité avec Patrick à préparer une émission ayant entendu parler de nous par connaissances interposées. On avait préparé sérieusement au Drinks une play list de groupes à passer avec des textes pour commenter les titres. Raphael ne nous avait jamais vu avant l'émission et on arrivé à Radio Roanne peu avant la fin de l'émission précédente avec un pack de bière et nos notes. L'émission précédente etait animé par un pretre et consacrée au catéchisme ou un truc comme ça. On a commencé l'émission avec Raph et un des premiers trucs qu'on a passé c'était OTH « Homme des cavernes modernes » où le refrain scandé plusieurs fois était « Plus de chefs, Plus de flics, Plus de curés et plus d'armée ». Raphael qui ne s'attendait pas à ça s 'arrachait les cheveux derrière sa vitre en pensant qu'il était viré de Radio Roanne ! Une première rencontre avec les « Burp Ambitions » qui fut le début d'une longue amitié... |